Nous sommes des professionnels

Sarah André, Louis Bonard, Yvonne Harder

Créé en septembre 2019 au Théâtre de l'Usine
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Un anniversaire c’est trop beau, c’est fêter la vie d’une personne, la vie d’un lieu, c’est se rappeler, c’est un bilan sur les insolubles conflits et les insolubles fêtes, les indispensables luttes et les indispensables joies. 

Invité.e.s par le TU, nous, Sarah, Yvonne et Louis, avons préparé une gênante petite surprise à l’occasion des 30 ans de l’Usine. 30 ans, c’est long et c’est court, c’est beau et c’est moche, c’est triste et c’est gai. Bref.

Librement inspiré.e.s par notre séjour à l’Usine, c’est une tentative de partager cette rencontre. Nous voulons que ce soit beau, nous voulons que ce soit un cadeau d’anniversaire, nous voulons faire plaisir, mais pas seulement.

Merci l’Usine. C’est ton anniversaire et c’est une belle occasion de se rappeler de la chance de vivre. 

”...et la planète sera déjà bien foutue mais ça ira tout juste, on aura arrêté le massacre juste à temps, ça n’aura rien d’un retour au paradis terrestre, ni d’un décor de film post-apocalyptique, ça sera plutôt une belle ruine, un monde un peu cassé et un peu triste, mais aussi gai, et utile, et pour une fois on sera fortes et forts de toutes les bêtises du passé, et de tout ce qu’on aura traversé avant, et les oiseaux de malheur arrêteront de caqueter, les mauvaises langues seront pantoises, on ne nous dira plus que l’histoire se répète, qu’on est condamné, et il n’y aura plus de fin du monde pressentie ou programmée, plus aucune jusqu’à la mort du soleil, et là on verra bien mais c’est dans vraiment longtemps et on aura tellement raison de ne pas être cynique ni fataliste mais d’y avoir cru un peu, et d’avoir lutté contre la flemme pour faire quand même un beau monde, avec vachement moins d’animaux et d’insectes, moins de glaciers et de neige, mais quand même de beaux restes, et on sera content d’avoir arrêté de rire des rêveries et des utopies, de se moquer des hippies et des alternos, ils avaient peut-être pas raison sur toute la ligne mais l’union aura ni par faire la force et on aura compris que c’était juste par lâcheté et par paresse que toute la science fiction était si pessimiste et qu’on parlait comme ça de la fin du monde, aussi parce que parfois, la fin du monde, c’est plus facile à imaginer qu’un monde différent, et la n du monde c’est plus facile à faire qu’un immense effort, mais à force on sera bien content d’avoir travaillé, et bien sûr que ça aura valu la peine d’être des beaux humains, des bons humains, gentils, et braves, et on sera bien content d’être là.“